Suis-je un Grinch cette année?

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On m’a posé la question : « pourquoi tu n’aimes pas Noël »?

J’avoue que cela m’a perturbé. Évidemment, j’aime Noël, j’aime l’esprit que l’on peut donner à cette fête, les souvenirs que l’on se fait, les repas en famille, décorer mon sapin avec mes enfants ,
choisir les cadeaux avec amour, ou encore juste voir les décorations illuminer les rues.

Alors pourquoi, je joue au Grinch?  

Je ne vis pas sur le mont Crumpit, avec mon chien (quoique…) dans un flocon de neige.
Je ne suis pas une Croque-mitaine, aux poils verts, qui se nourrit de jus de laitue, d’huile de ricin et
et lait tourné.
Et surtout, je n’ai pas un coeur trop petit pour aimer qui que ce soit.

Mon coeur est juste brisé, depuis l’été dernier. 

La Grinch en moi, aurait tout donné, pour avoir son fils dans ses bras.
Lui acheter sa petite chaussette de Noël, sa petite tenue rouge, et le couvrir de tout son amour.

Mais la vie est très cruelle et me contraint à m’exiler pour faire mon ermite grognonne,
qui fait style de détester Noël .

Pourquoi?
Pour éviter de « trop » souffrir.
Parce que oui, ça fait souffrir de voir les images de familles au complet, de voir les nouveaux nés
des copines dans les bras préparer cette fête, que la joie irradie partout.
Ce n’est pas de la jalousie, rassurez vous.
Au contraire, parfois, je m’étouffe de ces photo là, pour prendre une bouffée d’ocytocyne.

Et toutes les mamans qui sont passées par là, qui ont perdu un enfant, dont le « coeur bercé, par mon coeur s’est arrêté », comme l’a écrit Justine maman d’un petit Basile dans les étoiles, peuvent comprendre .

Elle font comme moi, affichent un sourire, et jouent un rôle.

Je joue un rôle.
Je fais avec.
Je fais sans.

En me moquant avec humour ou satyre des sapins de début novembre, ou encore  des calendriers de l’Avent terminé en août, j’évite de penser que ce jour de Noël approche vite.

En vrai, j’aime cette fête. 

Cette année elle a juste le goût amer du jus de laitue et d’huile de ricin, sur fond de tristesse,
parce qu’hélas, je dois vivre avec la double peine celle d’avoir perdu mon fils, et celle de continuer
à vivre sans lui.

Ce n’est pas une excuse pour gâcher le plaisir des autres. Et ça, je l’ai bien compris.
Il ne me reste plus que mes mots, pour exprimer mon ressenti, pour ne pas ranger dans un coin, de mon petit coeur brisé, mon petit Augustin.

Alors, je mets mon sourire le plus Grinch possible.
Large, aussi large que mon visage…

Je me mets le costume de la mère Noël, et je prends quand même ma hotte pour mettre cadeaux, sapins, décorations, dinde au four, petits gâteaux et autre Bredele…et ne pas surtout pas gâcher le mois de décembre, et notre Noël en famille.

Et surtout, j’essaie de re-découvrir que l’esprit de Noël ne se réduit pas aux jouets, chants, parades et présents  même si cette année, je suis en mode « Grinch ».

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