Ma dernière journée de grossesse avec toi …

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Aujourd’hui cela fait un an , que ma fille est née. Il était temps que je parle de ma dernière
journée de « future maman » et de la naissance de Apolline.

 38 sa +4 …

Après plusieurs alertes, et passages aux urgences, où on m’a renvoyé chez moi. 
J’ai « subi » la semaine du 21 Août, au rythme des contractions douloureuses, accrochée à mon « contractions timer ».
Le spasfon ne faisait plus d’effet. La douche chaude non plus, le bain encore moins. J’étais dans la douleur permanente.
Grosso modo, il faut savoir que j’avais déjà 2 césariennes derrière moi, que les contractions s’arrêtaient au niveau de la cicatrice et ne se diffusaient  pas de la ventre. Et j’étais comme sciée en deux…

Mais il fallait « tenir » jusqu’à la césarienne programmée le 8 septembre. Même si j’avais la certitude de ne pas tenir . 

 »Tenir » oui, mais comment?

En m’occupant, en bougeant dès que possible . 
J’ai même folle que j’étais, fait l’intégralité d’Ikea ,  le 25 août car marcher me faisait du bien. Et que j’avais besoin de quelques petites choses pour la chambre de la mini.  

Le seul moment de bien être était le soir, quand j’entrais dans la piscine.

Le samedi soir, je n’étais que douleurs, fatigue et nausées. Oui les nausées étaient là,comme en début de grossesse, comme un clin d’oeil d’un sacré mauvais goût… 

Mon timer m’indiquait des contractions régulières, mais moyennement intenses en durée.

Après avoir terminé de visionner la première saison d’Aquarius avec David Duchovny, j’ai attaqué avec la toute première de X-Files. Oui je sais, je suis une inconditionnelle de la série.

A la fin du premier épisode j’étais essoufflée, je n’arrivais pas à me reposer. Même lui n’arriva pas a me calmer …Je me suis calée sur le canapé pour dormir ou du moins tenter.

Mais les contractions ont continué toujours régulières mais loin, très loin d’être alarmantes …

Vers 6h, je me suis levée pour aller faire mon centième « pipi » de la nuit. 

Oh MY GOD !!!  Je saigne. 

Et pas qu’un peu. 
Je commence à paniquer…

Dans tous les livres genre »avoir une enfant pour les nuls » ou sur tous les sites, on peut lire que l’on file aux urgences lorsqu’on perd du liquide ou que l’on saigne. 

Je réveille l’homme, je me prépare, je ferme ma valise (terminée la veille). On prépare les enfants, personne pour les garder, ils viennent avec nous.

Je souffle, je souffle, je souffle JE SOUFFLE …   
PUTAIN  FLÛTE QUE JE DOUILLEEEEEEEE …

Je prends ma dernière photo à la maison mais je ne fais que souffler… J’ai mal purée !!!
Contraction en prenant la photo … 
je souffle…. mais je douille…

On se met en route. Contractions, larmes et chant (oui, tu chantes quand t’as mal)… le tout en essayant de ne pas faire peur aux minis derrière. Pauvres loulous, je revois leurs regards à chaque contraction qui me donnaient des larmes …

J’arrive aux urgences.  On m’ausculte, prise de sang,  monito où, purée, je suis allongée pendant une heure. Dilatée à 1 mais col long .  

« tout va bien », on arrête le travail…

Une piqûre dans les fesses plus tard, PENDANT UNE CONTRACTION (je précise car elle m’a fait mal autant que le produit qui passait ), et  les contractions diminuent. Toujours là, mais une ou deux par quart d’heure. Je suis vivante j’ai n’ai quasi plus mal …

JE RESPIRE !



Alors pourquoi a t on arrêté le travail? 

Je fais ‘soft’ parce qu’en vrai ce fut une bagarre acharnée avec l’équipe des urgences gynéco. 
Et un traitement de la patiente (moi) qui mérite d’être dénoncé, car un an après j’en reste marquée.  
Mais grosso modo, on était en week end d’août, ils n’avaient pas le temps, ni l’équipe (trop de monde en vacances), ni l’envie (surtout) et ma césarienne était « programmée ». 
Alors la seule chose que l’on pouvait faire, c’était la « re-programmer » le mardi suivant, au retour du Professeur qui me suivait. 
On était donc dimanche 28 août,  je devais attendre 2 jours et être hospitalisée pour stabiliser mon diabète (stable selon mon diabéto perso).

Là, je te résume vite fait : hospitalisation car glycémie a
1.30 à mon arrivée (mouais genre ça fait juste une semaine que j’ai mal)  et mon corps réagit à sa façon…
Je suis
« dangereuse »
je suis une « mauvaise future mère » en gros et en résumé (j’en ai entendu de belles) je suis une « grosse merde » de dire que non  mon diabète n’était pas déséquilibré et que mon taux à 1.30 était NORMAL. Que le corps réagit quand t’es malade ou en souffrance. MENSONGE que voilà , la gynéco me dit « j’ai 12 ans d’études derrière moi, et j’en connais plus  sur le diabète que vous ».  
Oui sauf que « t’es gynéco » pas endocrino grognasse
Je la regarde, je baisse les bras, j’arrête de me battre, je suis épuisée…
Elle ne regardera jamais mon dextro ni mes moyennes qui pour une diabétique et non un diabète gestationnel, étaient bonnes…

Le gosses sont avec l’homme dans la voiture, vive la clim et le sac de jouets que j’avais préparé à l’avance. Les pauvres, qu’est ce qu’on leur a fait vivre ce jour là…

On me monte en chambre. 
Je signale à la sage femme qui m’installe que j’ai mal au dos. Que les contractions reprennent. 
Elle me dit qu’elle revient m’examiner dans un moment. On est midi

Mon homme vient me tenir compagnie avec les loulous, un moment. Puis il part avec les enfants qui m’embrassent aussi persuadés que je serai césarisée mardi. 
Il fallait qu’on s’organise avec les enfants, pour qu’il puisse être présent ce jour là …

Petite hypo, je sonne. On me ramène de quoi me ressucrer (humour)… 
Heureusement que j’ai toujours des barres de céréales dans mon sac.

J’ai mal. Mais je m’installe dans cette chambre.
Je prends une douche.
Je me sens « propre » pour ne pas dire mieux.

Là, je prends mon timer. Je contrôle mes contractions car j’ai vraiment mal. 
J’ai l’impression que ça s’intensifie. 
Je ne respire plus. 
Il est 17h30  j’en peux plus. 
Je n’ai vu personne depuis midi, sauf la nana du plateau ressucrage sucrettes…
Je sonne, la sage femme arrive avec un monito qu’elle me pose.
La mini fait des siennes, la mini est en siège la bougresse, et se cale sous les côtes pour ne pas être gênée par le monito.
On la perd souvent. 
C’est la faute à mon « gras » dixit la sage femme…
 Sur le coup, j’ai envie de l’étrangler avec la sangle du monito. Mais bon l’idée me passe (heureusement)..

Elle sort …

*          *         *

Trois quart d’heure plus tard, la sage femme revient. Elle me trouve dans un sale état. 
La douleur allongée sans bouger est insupportable.
Elle m’examine.
Mon col est court
Je suis dilatée à 4.
Sa tête change de couleur. 
Je souffle comme une bête.
RE branle bas de combat. 
Elle s’affole.Sors de la chambre. Revient avec plusieurs blouses blanches.
On me met sur un fauteuil roulant.
J’ai le temps d’appeler mon homme, qui est désemparé, et qui revient à la maternité avec les gosses rapidement. J’appelle une amie qui n’habite pas la porte à côté,  que je n’ai pas vu depuis une éternité, pour voir si elle peut venir. Je ne suis pas sûre de l’avoir. C’est ma dernière option. Car sinon mon homme ne pourra pas être là, avec moi, au bloc comme c’était prévu.Personne pour nous garder les mômes…

On me descend en salle de naissance. Pour les examens avant ma césarienne.
Je vois le couloir défiler.

Je suis seule…

Dilatée à 4, je suis en travail.

Piqûre ou pas pour arrêter les contractions, c’est son jour !!! 

La pause de l’anesthésie peri+rachis se pose dans la douleur et l’humiliation. Je suis  en bout de table, nue les jambes écartée devant 20 personnes  (hôpital universitaire oblige). Et je suis à dilatation complète, pétrie de douleurs,pendant que l’interne anesthésiste  joue avec mon dos et ma jambe gauche sans attendre que je reprenne mon souffle. 

Je pleurs toutes les larmes de mon corps pendant cette demi heure insupportable.  Sa chef arrive et me soulage. Ce n’est qu’à ce moment là que l’on me donne un mouchoir. Et ces paires deux posées sur moi, me regardant dégouliner de larmes et de morve n’ont pas eu une seule fois l’idée  …
Nouveau problème, je suis assise à l’extrémité de la table d’opération et la dose d’anesthésie est déjà active.  J’entends des « va falloir rouler » et des « on ne peut pas vous porter »Tu parles, à Bayonne cela ne s’est jamais passé aussi mal!… j’y arrive a la force de mes bras et seules, malgré les perfusions et douleurs.
On pose le champ opératoire.  Et la « j’ai 12 ans d’études de médecine » de ce matin à ma droite et un interne à ma gauche qui commence . A ce moment là, toujours personne pour demander si je vais bien ou me sens bien…
Le liquide est teintée et là elle se penche en me disant « vous voyez le liquide est teiné à cause de votre diabète déséquilibré  » .
La franchement j’oublie tout, je ne pense qu’à ma fille et à mon mari seul dans la voiture avec nos mômes,qui attend notre amie. 
Je me mets dans ma bulle.
Elle est sortie, elle crie. Et je vois la puéricultrice aller vers la sortie. Je lui demande de me mener ma fille pour que je l’EMBRASSE.
Elle vient me la montrer et me dit qu’elle est sale et qu’il faut la nettoyer. Sûrement l’heure du premier bain. Et depuis un attend elle pleurs et hurle dans le bain…
On me « termine » quand j’entends « on compte » et là il manque une compresse… 
J’ai fait une hémorragie et il manque une compresse…
Bon là tu penses à beaucoup de choses.  c’est long. Elle est retrouvée (en moi). Et le cauchemar prend fin ou presque. On me met en salle de réveil . Mon homme vient me porter le téléphone avant de partir voir sa fille. 
Il revient et mon montre quelques photos  de notre Apolline.Elle est magnifique !
Et il part retrouver les enfants toujours avec Bénédicte notre amie dans la voiture . 
Il est 22h. Ma fille est née à 20h. A minuit, je peux aller la voir en réanimation.  Sa respiration n’est pas bonne. Il l’ont mise sous oxygène, entre autre,le lendemain elle aura du sulfactant et je ne la verrai que le soir suivant .

Je peux rester jusqu’à 3h du matin. Et l’allaitement se met en place  doucement. 
On est déjà le 29 août.  Ma fille est née.  Elle est si belle, si brune,  si mate de peau.
Je suis folle d’elle!
Les jours suivant n’ont pas été simples.

Mais je ne garde que les bons souvenirs. 
Je ne veux garder que les meilleurs souvenirs.

Ses regards quand j’allais en réanimation.  Nos retrouvailles  en chambre kangourou . Et son calme qui aujourd’hui à bien changé.  
Bon anniversaire ma princesse.

Un merci éternel à Béné ma copine depuis 20 ans…

2 commentaires
  1. Alix dit

    Ah bien ma pauvre poupée ton récit m'a tiré des larmes. Je hais ces gens qui font un métier de "soin" et ne sont pas fichus d'offrir un mouchoir ou un mot de réconfort. Je suis tellement désolée que ça se soit passé comme ça. Puisse le temps rejeter ces mauvaises personnes aux oubliettes de tes souvenirs!

  2. Alix dit

    Ah bien ma pauvre poupée ton récit m'a tiré des larmes. Je hais ces gens qui font un métier de "soin" et ne sont pas fichus d'offrir un mouchoir ou un mot de réconfort. Je suis tellement désolée que ça se soit passé comme ça. Puisse le temps rejeter ces mauvaises personnes aux oubliettes de tes souvenirs!

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