15 OCTOBRE : journée mondiale de sensibilisation au Deuil périnatal

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Aujourd’hui, c’est une date importante pour beaucoup de parents, qui comme moi, ont perdu leur enfant.

C’est la Journée mondiale de sensibilisation au DEUIL PÉRINATAL.

C’est la journée, où le ruban rose et bleu va être affiché un peu partout sur les réseaux sociaux ou dans les médias. Où, nous parents, en deuil périnatal, nous nous autoriserons à parler de nos enfants partis trop tôt. Où, l’on peut briser le TABOU ou le silence qui englobe cette perte immense s’efface, pendant 24 heures.

Pour comprendre, il faut vivre ce deuil périnatal. Il faut avoir le coeur en miettes, de ne pas tenir notre enfant dans nos bras, de ne pas pouvoir le voir grandir, de ne plus le sentir vivre en nous. On a perdu un enfant, dans un moment où la joie, doit jaillir de toute part , où les derniers préparatifs mènent vers le chemin du bonheur. Où ces moments de grâce, deviennent tortures quotidiennes.

Alors comment sensibiliser les futures parents à ce drame? Comment prévenir de cette perte immense? Comment dire à une future maman que le pire, peut se produire à tout moment?

En réalité, tout le monde, sait que c’est réellement …

… ignoble et impensable !

Et c’est pour cela que personne n’en parle. C’est trop dur, trop inimaginable, trop inquiétant, cela fait peur …

Oui, mais cela existe, et nous ne pouvons l’ignorer .

J’ai été sensibilisé au deuil périnatal, par le témoignage d’une amie qui a perdu sa fille en 2006 à terme, une petite Sophie. Mais je n’aurai cru que je serais touchée, je n’étais pas maman, je n’étais pas enceinte.

J’ai essayé d’être présente comme je le pouvais auprès d’une autre amie, qui a perdu son fils, un petit Caleb. J’étais enceinte, c’était difficile à vivre et surtout compliqué pour comprendre sa douleur. Je n’ai peut être pas eu les mots qu’il fallait, au moment qu’il fallait, mais j’ai été là. J’ignorais que ce drame pouvait me toucher, que cette douleur pouvait m’emporter, me détruire, me mettre au plus bas, comme elle l’avait été.

Après la mort de mon fils, de nombreuses mamans sont venues me parler, m’ont témoigné leurs parcours, avec cette douleur qui même des années après, reste là, en plein coeur.

Elle ne guérit jamais. Elle ne s’efface jamais. Elle reste.

Ces femmes, ont eu tout comme moi, des conseils pour « avancer », des injonctions pour « oublier », des livres à « absolument » lire, ou des amis, de la famille qui ont disparu après l’annonce.

Autant de témoignages discrets, au fil d’une discussion, par un mail ou dans un message privé. Car, c’est « difficile d’en parler », « personne ne peut comprendre »…

Et c’est vrai !

Le deuil périnatal nous change en tant que parent,couple ou famille. Il nous plonge dans une immense souffrance, avec un grand bouleversement intérieur profond. Mais il n’est pas contagieux, ni n’est une maladie, ou encore une sentence.

On m’a dit, « j’ai arrêté de vous suivre, de lire vos articles, car j’étais enceinte et que j’avais peur que cela m’arrive ». Au départ, je n’avais pas compris pourquoi? Puis, je me suis rappelée que la cela faisait peur. J’avais eu peur aussi.

Le deuil périnatal terrifie et c’est ce que qui fait que c’est un TABOU. Personne ne veut vivre de près ou de loin une telle aventure, un tel drame.

Il fait si peur, que l’on ne prononce pas ce mot pendant la grossesse.Et les médecins sont si absents à ce sujet. Pourtant il existe bien, et peut arriver à n’importe quel stade de la grossesse, chez n’importe quelle femme enceinte .

Pourquoi sensibiliser au deuil périnatal?

Sensibiliser, pour dire « oui, cela peut arriver », « oui, cela existe ! ». Cela permet ces dernières années de faire avancer pas à pas le droit de nos enfants partis trop tôt.

Sensibiliser au deuil périnatal, par une journée dans l’année, c’est dire au monde, « mon enfant a existé ». Il a vécu en moi. Il est mort en moi, ou juste après sa naissance. Mais il a existé !

Ces enfants sont oubliés. On nous demande de faire sans. De faire comme si, ils n’avaient jamais été là. Et c’est le plus difficile croyez-moi. Il ne comptera jamais pour les impôts, ou ne vous permettra pas d’avoir un congés parental. Vous n’êtes plus parents d’un enfants qui va vivre.

Dès l’annonce, des phrases comme « vous voulez le voir »,« lui donner un prénom », « qu’il ou elle figure dans le livret de famille » « l’incinérer ou l’enterrer », ou même le laisser partir avec les » déchets  » (mot utilisé pour m’expliquer que mon fils pouvait être incinéré avec les avortements, les IMG, ou même les fausses couches etc).

On doit prendre des décisions, alors que le pire vient tout juste de se produire. Alors que l’on été absolument pas prêts à vivre cette injustice, ce drame, cette perte.

CE N’EST PAS TABOU !

J’ai perdu mon enfant, et ce n’est pas un TABOU.

C’est un fait, qui existe, qui me fait sortir de l’ombre, car j’en parle depuis sans réserve, avec pudeur, colère, ou même tristesse.

J’en parle, pour que Augustin existe dans un monde, qui l’ignore. Dans un monde, où il n’a existé que le temps d’une grossesse.

Pour moi, c’est un jour particulier. Je suis en deuil, un deuil périnatal.

Mon histoire est unique, et pourtant tellement identique à celles d’autres parents. Nous avons tous un point commun:

Nous sommes en deuil périnatal et nous essayons de surmonter la mort de notre enfant attendu.

Alors, parlons-en !

1 commentaire
  1. Maman puissance 4 dit

    Oui tu as raison il faut en parler…et tu en parles si bien d’ailleurs…plein de bisous à vous ; chaque année nous fêtons le 15 octobre la venue’ au monde de notre fils et chaque année en cette journée je réalise un peu plus la chance que nous avons-nous été l’avoir avec nous

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