Le mardi, c’est chirurgie bariatrique : La sleeve de Fred

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Parce qu’autour de moi, il y a beaucoup de femmes, et surtout trois hommes , qui ont bénéficié d’une chirurgie bariatrique. Leurs témoignages, sont intéressants, inspirants, avec des parcours et des choix totalement différents.

J’invite aujourd’hui, sur mon blog, Frédéric, alias Fred, sleevé en Février à nous raconter son parcours. Sans tabous, ni retenue, sur son chemin de Sleeve.

Bonjour Fred, peux tu te présenter ?

 Alors pour commencer, cela fait plus de 20 ans, que l’on se connait , même si cela fait très longtemps qu’on s’est pas vu en présentiel  (pour information, j’ai quitté Marseille en 2008)

J’étais témoin à ton mariage, et le seul à y croire, si j’ai tout compris, le futur qui est du passé, m’a donné raison , et tu sais combien j’aime avoir raison. (grave, je le sais que trop ! mais 16 ans de mariage quand même …)

Blague à part, moi c’est Frédéric, 45 ans depuis le 9 mars. Des prises de poids successives, lors de périodes de stress. Ce qui a été le facteur déclenchant, ce fut la naissance de mon fils Léo. J’ai fait une couvade et j’ai pris près de 15kilos, qui sont venus s’ajouter aux 115 que je pesais déjà, soit 130 kilos au 3 février 2017.

Quel a été ton déclic pour te tourner vers la chirurgie? 

Le déclic, c’est la naissance de mon fils, où je me suis dit, que je voulais le voir grandir, et que si je voulais le voir grandir, il fallait qu’enfin j’accepte de m’occuper de moi.

On m’a donc diagnostiqué un diabète Type 2, une quasi Nash (cirrhose non alcoolique), due à l’excès de gras et de sucre ou « maladie du mcdo ». Ainsi qu’une obésité morbide 130kg sur 1m72, je vous laisse calculer l’IMC.

Voilà, j’étais face à tout ça, et j’ai pris sur moi pour faire un truc drastique – qu’absolument tous les praticiens déconseillent : arrêter tout ce qui pose problème (le sucre, le pain, le gras …).

Si j’ai, dans un premier temps perdu les 15kg de trop que j’avais pris pendant la couvade, j’en ai repris 6 quand c’est devenu bien trop dur à suivre (au bout d’1 mois et demi).

Et j’en suis à 121 kilos en août 2017 avec une variation de +2 ou -2. 

Quel a été ton plus gros frein ? 

Au début, j’étais contre l’opération, j’ai une peur panique des hôpitaux . Et, à vrai dire, le suivi médical qui a été fait en établissement mutualiste n’a rien arrangé. Le praticien qui me suivait a quitté la mutualité, j’ai donc choisi d’aller en hôpital, à Marseille pour l’endocrinologue. J’ai déménagé, et elle m’a orientée vers une diabétologue dans l’hôpital a proximité.

C’est peu de dire, que j’ai perdu, une bonne année dans mon traitement. La diabeto ne s’occupait que de la partie visible (diabète type 2) mais ni des causes, ni des autres problèmes.

Quand j’ai compris que, si je laissais faire, j’allais me retrouver avec des médicaments, mais aucune solution jusqu’à la fin de ma vie, j’ai pris les devants. j’ai décidé de prendre un rdv avec un autre diabétologue du même hôpital.

J’ai zappé la diabeto (pourtant chef de service), et ai expliqué à son confrère que son approche ne me convenait pas. Il a immédiatement téléphoné à l’endocrinologue qui m’a reçu en rdv quelques semaines plus tard. De là, il m’a reparlé de l’opération, et des obligations que j’allais devoir « subir » d’ici là.

il m’a expliqué que c’était la seule option non médicamenteuse qui, sur le long terme, serait la plus efficace.

Après une année passée à ramer et râler, ce nouveau praticien qui me présentait les choses simplement, a fini de me convaincre.

Je regardais depuis quelques semaines déjà des blogs sur les sleeve, les by-pass

j’ai donc signé un engagement à suivre « le programme » avec des rdv en addictologie, chez un psychologue, chez le diabétologue et bien entendu chez le chirurgien.

Comment s’est déroulé ton parcours? et sur combien de temps? Pourquoi une sleeve?

Jour J

Après le frein psychologique, (ma peur de l’hôpital), le frein de la diabétologue (en qui, je n’avais pas confiance) et après avoir rencontré, au moins une fois chaque membre de l’équipe, j’ai choisi la sleeve.

Opération moins lourde que le by-pass , mais qui m’angoissait tout autant. D’abord parce que c’est reversible.

Je me suis dit : « si t’es gravement malade à cause de la mauvaise absorption et du manque de vitamines, tu peux repasser pour annuler les effets ».

Ce qui est faux mais bon , on se rassure comme on peut !

Le chirurgien étant d’accord avec moi, tout semblait « ok » en cette mi-2019. À moi, de suivre les rendez-vous du parcours de chirurgie bariatrique …

Comment s’est passée l’opération? as tu eu mal (sur 1 à 10)

L’opération aurait dû avoir lieu en septembre 2020, mais a été reportée suite au Covid , pour finalement avoir lieu en fevrier 2021 . Il y a eu 4 reports de dernière minute .

Le réveil a été relativement facile. Je n’avais pas vraiment de douleurs . Ma seule gêne, c’était le drain pour drainer le sang de l’opération (ils ont mis 2 jours avant de comprendre, que je ne râlais pas pour rien. Il l’ont enlevée le 3e jour). 

Je me suis levé l’après midi même, après l’opération pour remercier le chirurgien, venu me voir . Mais, j’ai présumé de mes forces et donc j’ai fait un petit malaise. 

J’ai pu me relever le sur-lendemain. Je vous conseille donc le pistolet pour les hommes et la bassine pour les dames (ah oui, je refuse la sonde urinaire).

Je n’en ai pas eu beaucoup de douleurs résiduelles, car j’étais bien accompagné pour la douleur.

Pendant 2 jours je n’ai quasiment rien mangé. Je n’y arrivais pas, et il ne m’était proposé que des potages clairs. Ce qui m’a fait dire au chirurgien en rigolant : « j’ai bien compris votre truc. vous vous faites payer une opération mais en fait, c’est en affamant vos victimes qu’elles diminuent leur estomac »

Côté douleurs, je dirais 7/10 pour la douleur les 2 premiers jours, et après, 4/10 voire 3/10 une fois que le drain a été enlevé.

Un conseil pour les hommes qui n’osent pas franchir le pas?

Mis à part d’être à poil, dans une position peu agréable, avec une dizaine de professionnels et professionnelles, vous n’avez rien d’autre à perdre que vos kilos.

N’attendez pas d’être limite, pour consulter !

Il faut être honnête, le parcours est long. Et cela, vous fait repenser à des trucs pas spécialement agréables . Il faut psychologiquement être prêt, à changer durablement son mode de vie.

Ce ne sont pas des opérations, pour aller en « maillot » l’été, et reprendre les kilos l’hiver. Parce que sinon, c’est le meilleur moyen de mourir…

Ta recette  préférée de purée ou mixée …

Ma recette préférée : Un morceau d’agneau mijoté, mixé, avec purée de carottes (majoritaire), et 1 pomme de terre accompagnée de curry. C’est con, mais avec l’opération, nous réapprenons l’élément essentiel, qu’est l’assaisonnement.

Je conseille l’achat d’un Babycook ou d’un robot équivalent, si vous ne l’avez pas.

Pour les semaine 1 et 2, je déconseille de sortir du cadre, car cela fait très mal …

Ton avant-après

Merci Fred de m’autoriser à partager cet avant après, même si tu es sleevé, depuis février soit depuis, 3 mois, je trouve que tu t’es métamorphosé …

As-tu une question à me poser sur mon propre parcours?

Pourquoi ne pas l’avoir fait plus tôt ? (ouais, je sais, je suis vache, c’est le rôle des vrais amis)

PARCE-QUE !!!!!!!!

Je pensais avant de perdre Augustin, que j’étais forte. Je pensais aussi que je pouvais perdre par moi-même sans me poser trop de question. Comme je l’ai fait toute ma vie ou presque , mais que je n’avais simplement pas la motivation. Puis est venu le temps des « gros » problèmes physiques, des hospitalisations à répétition (2 pour le rein, 3 pour mon diabète , et les 5 fois, en urgence vitale) , des traitements qui ne fonctionnaient plus, et des régimes qui me faisaient un pied de nez . Les 25 kilos pris en un an, ont été une grosse baffe pour me rappeler que c’était le poids le jour de la naissance de mon fils. Que ce poids était mon boulet, ma plaie, ma punition.

Bref, Gonzague alias Cher et tendre, était formellement contre. Il a très peur,depuis cette nuit où il a failli me perdre. J’ai dû attendre. Le et me rassurer. L’hospitalisation de fin décembre début janvier a été un déclencheur. Il a compris, qu’il fallait absolument que je perde du poids. J’ai compris, qu’après m’être occupé des autres, quasi depuis toujours, c’était à mon tour de m’occuper de moi, et de prendre soin de moi.

Merci infiniment Fred, pour tes réponses, et tes encouragements. Et merci d’avoir « toujours raison » !

Souvenir d’un beau jour…

RENDEZ VOUS MARDI PROCHAIN POUR UN NOUVEL ARTICLE Chirurgie bariatrique …

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