J’ai lu : FAIRE SON DEUIL de Line Asselin aux Editions Eyrolles

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Il m’aura fallu trois mois pour achever le livre « FAIRE SON DEUIL, un parcours en 9 ÉTAPES pour TRAVERSER LE CHAGRIN et RETROUVER LA PAIX INTÉRIEURE » et tout autant pour écrire cet article après une, deux, … plusieurs pauses.

J’ai reçu « FAIRE SON DEUIL »des éditions Eyrolles en février. Autant dire, qu’il y a un moment. Il a été écrit par Line Asselin, qui est infirmière de formation, est accompagnatrice en fin de vie, et surtout, qui a vécu un deuil personnel.

J’ai mis du temps à être prête à le lire, page après page, et à marcher sur le chemin tracé par l’auteure. Emprunter comme elle le dit si bien, le « Chemin du coeur« , pour traverser le chagrin, et retrouver la PAIX INTÉRIEURE. Je sais, je vends presque du rêve.

Être fière de moi d’avoir fini ce livre, et sourire en « ouvrant mon coeur ».

Je vais être honnête, je ne suis qu’au début du parcours, je n’ai pas encore trouvé ou retrouvé la paix. Et je n’ai pas encore franchie les 9 étapes du programme, j’en suis même encore loin. J’ai beaucoup de mal à « croire sans voir ».

Un pas après l’autre, un pas après l’autre…

Même si je viens de passer le cap des « un an ». Le chemin est long, très long, parfois j’avance d’un pas, puis de deux , et je recule de trois, ou je fais du surplace…

Je n’avais rien lu sur le deuil, ni sur le deuil périnatal. Je n’étais absolument pas dans le deuil. Ni dans le deuil de mon enfant. A vrai dire, et pour être tout à fait honnête, je n’ai pas beaucoup lu sur le sujet, parce que les histoires tristes comme la mienne, ne m’aident pas à me relever.

J’ai autour de moi des mamans, qui ont vécu le même deuil, et j’en parle avec elles, nous sommes amies avec deux d’entre-elles depuis « avant » . Mais lire des mots, lire la souffrance des autres, je ne pouvais pas, je ne peux pas encore.

C’est donc le premier livre que je lis sur le DEUIL, qui ouvre la voie en m’aidant à traverser à la fois le chagrin d’avoir perdu mon fils.

Pourquoi ce livre m’aide ?

« Faire son deuil » est un parcours avec plusieurs étapes, 9 pour être raccord avec le titre. Il se présente un peu comme un coaching, avec des témoignages, des exercices pratiques, des conseils, des baumes au coeur, à mettre en oeuvre, pour aller vers la libération émotionnelle. Se dégager, de ce qui nous écrase, nous fait tourner en rond, trouble notre esprit, ou nous empêche d’avancer.

Le livre pose les fondements de la personne endeuillée, que nous sommes, toutes et tous un jour. La mort n’épargne personne, et chacun va vivre son deuil différemment, personnellement, en fonction de ses capacités émotives. Face au deuil, on n’a pas la même réaction, ni intensité de souffrance, c’est vraiment propre à chacun. On peut être effondré par la perte de son chat, et seulement triste par la mort d’un proche.

L’auteure nous invite à cultiver deux qualités essentielles : la force et l’authenticité. Et curieusement, c’est notre force insoupçonnée parfois, qui nous permet de tenir, et notre authenticité , ce qui fait de nous des personnes vraies, qui nous permet de rester nous même, qui nous permet de nous retrouver. Je suis vraie, je suis moi, en toute sincérité .Je ne me cache plus derrière ce que l’on attend de moi.

Comme toutes les personnes endeuillées, j’ai pris de plein fouet le bouleversement provoqué par la mort de mon fils, comme un mûr pris en pleine face à 200 km/h. C’était soudain, immédiat, et rapide. J’ai hurlé ma souffrance, pleuré et montré ma peine, et bien souvent j’ai aussi dû ravaler mes larmes, faire bonne figure, et surtout faire comme si de rien n’était.

La peine dérange, le deuil fait peur !

J’ai donc pris conscience, en lisant le livre que j’ai le droit d’exprimer ma souffrance comme MOI je l’entends.

Et, ça, je peux vraiment le dire, on ne nous laisse pas cette possibilité. Alors que l’exprimer, permet de faire transformer cette souffrance, en force.

On nous invite à aller « vite » mieux, à passer à autre chose, à arrêter de penser à l’être perdu, et avancer avec nos boulets (sentiments d’abandon et culpabilité). Pour moi, c’était des phrases, comme, « t’as fini de pleurer », « c’est bon, ça fait presque un an », « avance, t’as d’autres enfants » , « laisse partir ce pauvre enfant »etc . Je peux dire, que j’ai mis les plus « soft ».

Dans la vraie vie, les gens ne se rendent pas compte, qu’une phrase comme « tu as 3 beaux enfants » peut dévaster, parce que non, j’ai et j’aurai 4 enfants, jusqu’à la fin de ma vie.

Dans une mare de souffrances, qui est dans notre paysage quotidien, l’auteure nous aide, nous accompagne, nous encourage par des mots bienveillants.

Comment avancer?

Line Asselin, explique qu’il faut développer une qualité, et cite Michael Beckwith, :

Lorsque vous n’avez plus aucun pouvoir d’action sur notre réalité, profitez de cette occasion pour développer une qualité ».

Comprendre enfin, je sais que je me répète, qu’il faut faire de son état de souffrance une force .

C’est ce que j’ai fait à partir du moment, où j’ai réussi à mettre dans ma tête, et surtout dans mon coeur, que mon fils n’était plus là et qu’il ne serait jamais là. J’ai cessé de chercher à ce que les choses eussent été ou soient autrement.

Je me suis apaisée quand j’ai commencé à regarder l’avenir sans lui. Imparfait sans lui, mais beau quand même. J’ai commencé à « fertiliser mon désert » en l’ensemençant de gratitude. Dire merci pour ce sourire, ce repas, ce moment . C’est à ce moment que j’ai créé le hashtag #vivresansluivivrepourlui.

Je suis fière d’avoir la force au fond de moi, d’user de courage, et d’humilité pour traverser cette douleur.

Mon premier pas, je vais l’avouer, était bien avant la lecture du livre, a été initié par les autres, et plus particulièrement par mon amie Mélanie, avec le « qu’as tu fait pour toi aujourd’hui » que l’on peut lire ici

J’ai commencé alors , à prendre le bon chemin vers deuil, celui qui m’a permis de lire le livre de Line Asselin.

J’ai compris plus tard, grâce à ma lecture, que mon fils m’a fait grandir. Je reste liée, jusqu’à la fin de ma vie à lui, et j’ai la force de vivre sans lui. J’espère qu’il est fière de moi.

Le deuil ce « très cher » processus circulaire.

On tourne en rond, autour de la perte de l’être aimé, mais aussi tout ce que représente notre souffrance. On passe par les phases du deuil : « déni, colère, négociation, dépression et acceptation ». J’avoue que je tourne encore en rond les jours de grandes détresses, d’immense tristesse, c’est long, très long…

Une boucle à la fois…

L’auteure, nous apprend ainsi à « faire une boucle à la fois, pour avancer vers le mieux être à travers des cycles qui vous sont propres ».

Mes boucles sont nombreuses, et augmentent en fin de mois (le 24 et 26), comme le cycle féminin que l’ont m’a m’ enlevé avec l’hystérectomie.

Je me répète les deux phrases à méditer:

  • « vos êtes plus que votre souffrance »
  • « le temps à besoin de vous »

« Ce temps qui a besoin de moi », et qui voit toujours augmenter la charge émotive de la perte de mon fils, mes pleurs, mes larmes, ma peine, comme un ballon d’émotion, ou un boulet attaché à ma jambe. Ces sentiments que je n’arrive pas encore à gérer: colère, de haine, et incompréhension.

« Ce n’est pas l’identité de la personne qui catégorise le niveau de votre souffrance, mais la force du lien d’amour qui nous unissait à

p37 – FAIRE SON DEUIL

La « force du lien », c’est bien de cela, dont j’avais besoin pour avancer. Ressentir ce lien violemment coupé, cette séparation, qui a provoqué une déchirure de coeur . Nous ne formions qu’un.

Faire le point

Je vois les « pas » que j’ai franchis, mon chemin encore si long à parcourir. Certaines étapes sont à accepter pour avancer , comme par exemple, impliquer « plus grand que soi« , alors que je ne crois plus en rien. Alors que je n’arrive à projeter cette image omniprésente dans le livre du « plus grand que soi » .

Ce en quoi je crois, c’est « moi ». Je sais que j’ai au fond de moi cette force, et cette volonté d’aller mieux. Je ne peux pas ou plus souffrir 365 jours. J’essaie d’ouvrir mon coeur, aussi bien dans la peine que dans la joie. Même si ces petits moments de joies, sont encore trop souvent accueillis par la culpabilité de ne pas avoir pu faire vivre mon enfant.

Lire ce livre, et après ?

Je conseille aux personnes endeuillées, de lire ce livre. Il ne se lit pas d’un trait, comme un roman. Il faut vraiment prendre le temps. Le temps pour lire les mots, et les poser sur les maux. Je conseille aussi de lire ce livre dans un lieu refuge, sous un plaid. J’ai lu chaque page avec un petit plaid, que j’avais crocheté pour mon aîné, plein d’amour, plein de douceur, qui m’appaise. J’avais besoin de créer un cocon pour accepter les mots de Line Asselin. J’écris dans un « journal » ou ici, ces maux qui me font si mal. J’espère de tout coeur, à travers mes mots, aider celles et ceux qui comme moi, cherchent la guérison.

La route c’est toi. Celui qui marche c’est toi. Et le résultat c’est toi »

Luis Ansa

Le livre est disponible sur le site de EYROLLES

ou ici

Livre offert par les Editions EYROLLES , que je remercie du fond du coeur pour leur confiance et surtout leur patience.

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