Le quotidien qui change : de l’incontinence et des soins …

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Notre quotidien  a changé, et il a fallu s’habituer, se ré-approprier et surtout accepter…

Après la réanimation, je suis partie en soins intensifs.
Couchée et branchée de partout, je n’avais pas grande forme, et mon corps se remettait difficilement. Mon mari ne pouvait venir qu’à partir de midi et ceux même si on le laissait rester plus longtemps. Les toilettes du matin par les sage femmes/aides soignantes faisaient du bien.
Peu avant que je monte en chambre, elles m’ont fait les soins, retiré certaines perfusions, et levé la sonde…
J’ai vu qu’il y avait un soucis avec ma vessie après 3 césariennes, je n’avais jamais eu ce type de soucis. On m’a retiré la sonde en soins intensifs. Alors que j’aurai aimé la garder un peu plus.
Mais on lève rapidement les sondes pour les patients soient levés rapidement aussi.
Il y avait deux soucis, mon impossibilité de rester assise (à cause du blood patch* à faire) ou même de me mettre debout, et le contrôle de ma vessie,.

Une fois en chambre, j’avais 6h pour faire « pipi » dixit les sages femmes (adorables) du soir, pas une minute de plus, enfin presque puisqu’elles ont attendu 2heures du matin .
Il fallait que j’ai envie, que j’appelle  et que l’on me mène aux wc.
Mon homme était là, j’aurai pu y aller avec lui.
Même si debout c’était un calvaire, entre le mal aux cervicales, les acouphènes  les sueurs froides avant le Blood Patch etc…
Une quinte de toux, et ce fut ma première fois. J’avais fait « pipi au lit »

PIPI AU LIT !!!

Changement de drap et douche avec les aides soignantes de nuit, de véritables perles douces…

Cette première fois, s’est reproduite, encore et encore et encore…

Passé le Blood Patch avec un super anesthésiste, et le retour en soins intensifs, je pouvais me
lever sans aide ou presque … Mon mari, pouvait repartir à la maison, s’occuper des enfants, j’étais presque indépendante.
En vrai, j’ai continué à être incontinente, et la seule façon de me soulager, c’était d’aller faire pipi dans la douche, avec l’eau qui coule  (et ça fait beaucoup de douches).

Évidemment à la maison, ça a continué. Et mon mari a continué à me laver, me changer les serviettes hygiéniques quand je n’arrivais pas à me baisser.
Même si chaque  jour je tente de gagner en autonomie, que chaque jour, je fais des progrès, cette situation me fatigue, m’humilie, et me rend folle…
Je n’ai plus aucune envie de faire « pipi » ou d’aller à la « selle ».
Plus de maîtrise sur ma vessie en quelconque situation. Et je dois m’obliger à aller au wc ou sous la douche pour pouvoir me soulager.

Notre quotidien a donc changé.  Mon mari qui a pris le relais, est passé au stade de soignant.
Je pleurais à l’hôpital à chaque fois. Humiliée et désespérée de ne plus rien maîtriser.
Je pleurs encore aujourd’hui, comme ce matin à 4h, où ma vessie m’a lâché encore un fois.

Alors, je ne suis « qu’à » trois semaines post opératoire.
Mais l’obstétricien qui m’a opéré m’a dit, qu’il se pourrait, que je doive consulter pour une future opération.
Autant dire que j’espère vraiment que la rééducation du périnée suffira, et que j’éviterai une nouvelle intervention…

 Être en soins permanent, c’est vraiment compliqué moralement et psychologiquement.
Je suis très indépendante et c’est difficile de se laisser aller comme cela.
 
Mon mari s’occupe de mes pansements de la cicatrice. Elle coule à un endroit, donc il doit nettoyer, et appliquer une crème antiseptique et changer le pansement.
Et comble du sadisme, il se moque de moi, en me faisant une épilation quotidienne avec les pansements. Il me dit que je n’ai plus besoin d’esthéticienne.
Je ne sais pas pourquoi, mais moi,  cela ne me fait pas rire…

Il s’occupe aussi de mes médicaments, qu’il doit mettre en hauteur, car avec les traitements j’ai des « bad trip » avec envies suicidaires  ( traitement connu pour cela). Je ne maîtrise pas.
Je verbalise et heureusement, il a pu prendre les devants !
Alors il sécurise et veille la nuit.
Je n’y peux rien, je ne prends aucun médicament autre que mon insuline. J’ai des réactions assez fortes. Comme par exemple de l’urticaire avec le laxatif  » macrogol » merci intestin fainéant post opératoire…

Il doit  me faire à manger,  m’apporter du confort,  réconfort et  l’écoute. Comme un soignant .
Je ne sais pas quand il reprendra son rôle de « mari », j’ai hâte de redevenir vraiment autonome.
Je suis reconnaissante d’avoir la chance d’être chouchoutée ainsi.Il me dit souvent, quand je pleure, et que je hurle que ce n’est pas son rôle: « ‘j’ai signé pour le meilleur et pour le pire »…

Mais je vais être honnête, ma fierté personnelle prend cher, très cher …

Bref, notre quotidien a changé et je le déteste. J’ai hâte de pouvoir recommencer à m’occuper de moi. De ne plus dépendre d’autrui. De m’occuper des enfants, de vivre , oui de vivre tout simplement !

C’est dur, mais je n’ai pas le choix … 

Pour en savoir plus :

Blood Patch : https://fr.wikipedia.org/wiki/Blood_patch

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5 commentaires
  1. Unknown dit

    Bonjour Céline,

    Je suis très touchée par cet article qui est le deuxième que je lis, le premier étant "ils ont fait de notre deuil une boucherie".
    J'ai moi même subit des violences obstétricales lors de mon accouchement, mais cela n'a rien à voir avec ton expérience. Je pleure en lisant ce que tu écris, de nerf et de tristesse. Parce que notre corps nous a été dépossédé. Parce que lors d'un accouchement nous n'avons pas notre mot à dire et qu'ils font de notre corps ce qu'ils veulent.
    Courage à toi dans cette terrible épreuve, je t'envoie tout mon soutien et toute ma force.

    A très vite.

    Ps: je tiens aussi un blog, mamanflamboyant.fr

  2. AudreyN dit

    Oh dur dur te te lire on imagine pas tout ce désastre que cette boucherie a engendré. Ton mari est lui aussi un chef de t épauler au quotidien. Vous allez y arriver main dans la main j en suis sûre meme si il y aura toujours des doutes,des pensées….

  3. Elodie dit

    Des accouphènes…. j'en ai aussi eus lorsque j'ai perdu mon ange….. En fait ils sont arrivés quelques jours "avant", et je me dis que c'était là un signe que je n'ai pas su interpréter…
    Je pense souvent à toi même si on ne se connaît pas. Douces pensées.

  4. Anonyme dit

    Je ne connaissais pas la technique du blood patch.
    Comme c'est long et difficile tous ces soins… J'espère que les choses vont s'améliorer peu à peu. J'espère surtout que tu as trouvé des soignants à ton écoute. Maminechat

  5. doris dit

    Ma pauvre rien ne te sera épargné… Concernant la peut être future opération, j'ai une amie qui l'a faite, elle est ravie sa vie à entièrement changée avant après et pas douloureux et très efficace. Elle m'avait dit après son opération que si elle avait su elle aurait sauté le pas plus vite. Ils te refont un périnée avec des bandelettes. Bon courage. Je suis admirative de ta force de caractère.

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