Le mardi, c’est chirurgie bariatrique : Balance ta balance !

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Se peser dès le réveil, après la pause pipi, avant le petit déjeuner, après le petit déjeuner, le midi, le soir, bref à tout moment de la journée, c’était mon quotidien depuis que j’ai commencé les régimes. Autrement dit, depuis presque toute ma vie …

Les balances : mes très chères amies (ou pas)

Même si je sais, que cela ne sert à rien, je me pesais, chaque matin. Non pas sur une, deux, mais trois balances. Parce que oui, j’assume, j’ai plusieurs balances !

Il y a ma vieille Ginette, celle de mes grossesses, de mes -27 kg en 2017. Il y a Suzette, celle jumelle du poids exact de celle de mon chirurgien, qui n’a aucune option. Et il y a Georgette alias +1, car elle met toujours un kilo de plus que les deux autres, achetée en février pour mon post-op de chirurgie bariatrique. Elle compte absolument tout, et me donne toutes les informations sur mon corps via sa super application, comme une chaîne au pied.

Quoique je fasse, chaque matin, je me pesais .

Plus qu’un chiffre sur la balance, mon histoire !

Plus qu’un chiffre sur la balance, c’est mon histoire qui défile quand je me pèse. Je me vois à 7 ans avec mes 40 kilos, en maison de régime, me peser devant tous mes camarades tous et toutes en culottes/slips sur la vieille balance à poids du centre. A l’école, lors des contrôles par les médecins scolaires, avec les rendez vous parents/instits qui suivaient pour parler de mon poids. Quand je me faisais opérer des chevilles, avec l’air désapprobateur de mon chirurgien, faisant déjà 75 kilos, et essayant tous les régimes possibles pour ne pas prendre plus. À 20 ans, tentant de rentrer dans la « norme » à la fac avec mes 83 kilos. Pour mon mariage, avec un régime pommes/salades avec mes 105 kilos. Les +/- 30 kilos des grossesses et la grossophobie médicale qui allait avec. Il y a deux ans, avant de rentrer dans le protocole, jusqu’à mes 131 kilos et quelques poussières…

Les chiffres, les courbes, les mots durs que je disais devant le miroir. Ils m’ont détruite à chaque pesée . Ils m’ont rabaissé chaque matin.

La balance cet instrument de torture

Me peser le matin, donnait le ton de la journée. Pendant des années, mes journées commençaient avec tristesse, angoisse, pleurs. Je me sentais esclave, comme enchaînée aux chiffres sur les écrans .

Si je ne me pesais pas, j’avais un sentiment de manque, comme une droguée. Cela tournait en boucle dans ma tête, et dès que je rentrais chez moi, ou que je pouvais enfin me peser, je le faisais. Mais dès que je me pesais, c’était la dépression à chaque poids qui montait, avec la colère contre moi, la honte et toute la panoplie des insultes que je m’infligeais. J’avais un sentiment d’échec permanent . Quand j’étais en période de régime et que le chiffre ne descendait pas, c’était l’enfer.

Même si je suis opérée, et même si je suis heureuse devant les chiffres qui descendent, ou impatiente quand je fais des paliers. Il m’arrive d’avoir encore ces sentiments qui jouent sur mon estime, et aussi sur ma perte. Surtout ces deux derniers mois, où je perds lentement. J’angoissais de ne perdre « que » ça. Et je retombais dans les bras de mes vieux démons, et les auto flagellations qui allaient avec la panoplie de la balance.

J’ai pris peur la semaine dernière devant l’état, post pesée, et je me suis dit : cela suffit !

Changement de cap : Une seule pesée par mois .

J’ai décidé que je ne voulais plus subir. Une fois par mois me semble un bon compromis pour me peser, pour commencer. Je ne peux pas arrêter d’un coup, virer les balances et faire ma vie. Impossible, j’ai besoin de contrôler encore un peu et de travailler sur moi, encore beaucoup…

Depuis une semaine donc, les trois balances ont disparu de ma salle de bain. Visuellement, ça change tout, elles ne sont plus là, à me narguer.

Les deux premiers jours, ont été difficiles. Ce week-end, je me suis apaisée. Le poids inscrit sur une machine, ne fait pas tout. Mes journées ne commencent plus avec un sentiment négatif. Et petit à petit, le manque passe. J’ai envie, mais je n’ai plus besoin. C’est curieux non !

Cher et tendre, les a caché . Sans son aide, je ne tiendrais pas . Il me connaît bien, c’est vraiment une drogue pour moi. Il m’en rendra une (Georgette), le 17 décembre pour mon bilan des 7 mois post op. Et après, début janvier pour mon rendez-vous avec le chirurgien. Après cela, je verra bien, peut-être qu’elles disparaîtront de ma maison, peut être pas. Ce que je sais, que je ne suis plus leur esclave . En tout cas je l’espère…

Mon premier geste le matin a changé, je m’applique une crème hydratante, ou un soin pendant que je bois mon thé. Et cela fait vraiment toute la différence. J’ai cessé de me torturer de bon matin et de m’insulter. C’est un premier pas, vers un grand mieux.

Et toi, droguée de la balance ou pas?

Tous les articles sur la chirurgie bariatrique par ici

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